Balle de Flipper viens de sortir son nouvel EP intitulé « 2LECTRICIT2 », visuel by Sixtine Gervais
Pour commencer, est‑ce que tu peux te présenter pour celles et ceux qui ne t’ont jamais écouté ? Comment tu décrirais Balle de Flipper ?
À la base, je faisais du stand‑up avant de faire de la musique. Je dis souvent que je me suis mis à la musique parce que c’était plus facile d’y mettre des blagues : si les gens ne rigolent pas, au moins ils peuvent danser.
Musicalement, il y a de la new wave, du post‑punk, un peu de disco, et même des influences rap/trap. J’adore le vocodeur quand j’ai entendu PNL la première fois, j’ai vrillé.
On sent effectivement un côté humoristique mais aussi des sujets assez réfléchit
Oui, j’aime bien écrire des textes qui ne sont pas que marrants. Il y a un côté chanson française, mais aussi beaucoup d’autodérision.
Par exemple dans Hélicoptère, c’est très stand‑up dans l’écriture : je parle frontalement de phobie sociale, de ma place en soirée… Et les gens viennent souvent me dire après les concerts que ça leur parle.
Et ce personnage sur scène, avec la casquette à hélice, il vient d’où ?
Très premier degré : j’ai commencé à mettre une casquette parce que j’avais les cheveux longs et que ça me tombait dans les yeux quand je jouais du synthé.
Mais je pense qu’il y a aussi un truc lié à l’enfance. Mes chansons parlent beaucoup du fait de ne pas être très adapté au monde. Quand t’es enfant, le monde n’est pas fait pour toi, tu ne comprends rien… Je crois qu’il y a un peu de ça.
Et le nom ? Balle de Flipper ?
C’est mon ex qui utilisait ce blaze. Je le trouvais trop stylé.
J’avais une liste de noms nuls, et celui‑là était parfait. Elle m’a donné l’autorisation de l’utiliser. Et puis ça fait référence à Boules de Flipper de Corynne Charby, un morceau que j’adore, très années 80 – une influence importante pour moi.
Comment se passe ton live ? C’est un mélange stand‑up / concert ?
Au début, je faisais tout en live : toutes les lignes mélodiques aux synthés, bouclées dans une loop station mais c’était une usine à gaz. Je gérais même les batteries au pied.
Je me suis rendu compte que le point fort du projet, c’est l’interprétation, les textes, les vannes.
Aujourd’hui, j’ai trouvé un équilibre avec des pistes qui tournent, un synthé pour rajouter des mélodies, un petit synthé analogique pour les arpèges et surtout la liberté d’aller dans le public, de jouer les couplets à fond.
Je suis beaucoup plus libre, et les blagues marchent mieux.
Ton premier EP « 2LECTRICIT2 » vient de sortir !
C’est marrant parce que ça fait un an et demi qu’il est enregistré.
J’ai d’abord sorti l’objet physique, un CD que je vends en concert. Les plateformes rémunèrent très mal, donc j’aime bien faire vivre le physique avant. Les trois morceaux déjà sortis viennent de cet EP. Les trois derniers arrivent le 29 mai.
C’est un EP de six titres, et je pense faire pareil pour le prochain : sortir le CD en fin d’année, puis les morceaux petit à petit.
Tu es lié à plusieurs labels, tu peux nous en parler ?
Je travaille avec Nicolas Vair, qui produit, mixe et masterise mes morceaux. Son label, Label Pêche, est le label producteur du projet.
Et je fais aussi partie d’Aerosheep Records, un collectif d’artistes lié à notre asso Les Moutons Électriques. On a une énorme fête foraine itinérante, Le Village Électrique.
Le label sert à sortir des compiles et à rassembler les artistes du collectif.
Tu as aussi un feat avec Blasslila. Comment s’est faite la rencontre ?
On s’est rencontrés à Rennes. J’ai tout de suite kiffé ce qu’il fait, très Italo Disco. On a des références communes. C’est lui qui m’a proposé de poser sur un de ses morceaux. Je suis venu en studio faire mes 20 secondes, c’était super cool.
D’autres feats à venir ?
Oui, pas mal même. Je ne peux pas tout dire, mais j’en ai enregistré un récemment : un morceau que j’ai écrit et composé, avec un groupe qui vient poser un couplet et chanter les refrains. J’espère que ça sortira vers septembre.
Tu fais aussi des clashs, non ?
Oui ! J’ai gagné le prix du meilleur MC sur un événement, on m’a rappelé plusieurs fois.
C’est marrant parce que dans mes chansons, je parle surtout de moi : soit “je t’aime”, soit “je me déteste”.
Là, il faut dire du mal des autres, mais avec bienveillance et consentement. On s’écrit avant pour savoir les limites. C’est du BDSM verbal, en gros. Et c’est très drôle.