Aujourd’hui, on échange avec BOLD, le duo formé par High Ku (du collectif Chinese Man) et Supa‑Jay (Scratch Bandits Crew), à l’occasion de la sortie de leur nouvel album Dark Patterns, fraîchement sorti, Dark Patterns

Qu’est‑ce qui vous a donné envie de former un duo en dehors de vos projets respectifs ?

On était tous les deux sur le projet Groove Session 5, avec Chinese Man, Baja Frequencya et Scratch Bandits Crew. On a assuré la direction artistique du disque et du live, et ça a été une vraie évidence dans notre manière de travailler ensemble.

La tournée ayant été repoussée à cause du confinement, j’avais des samples de côté et envie de bosser avec Jay. On a essayé, ça a fonctionné tout de suite. On a enchaîné les maquettes jusqu’à avoir de quoi faire un album. On n’avait pas pu défendre le premier album en live à l’époque, mais il y a un an et demi, on s’est remis à composer et ça nous a menés jusqu’à ce nouveau projet.

Comment s’est construit ce deuxième album, sorti le 27 mars ?

Le premier album était très instrumental. Pour celui‑ci, on voulait garder notre univers trap / hip‑hop / dub hypnotique, mais en y ajoutant plus de voix et de mélodies fortes.

On a commencé par poser les refrains avec les chanteurs, puis on a cherché les rappeurs qui compléteraient les morceaux. L’idée était que chaque titre ait une identité mélodique marquée et une plus grande variété de sons.

Comment décidez‑vous quels morceaux auront de la voix ?

On en discute beaucoup. Certains morceaux s’imposent naturellement comme instrumentaux, mais pour la majorité, on savait qu’on voulait des voix. On travaille aussi avec des artistes proches de nous, rencontrés via Chinese Man, ce qui facilite les échanges et les allers‑retours créatifs.

En dehors de la musique, il y a aussi des clips et une direction artistique très colorée

Oui, l’aspect graphique est très important pour nous. La pochette et les visuels ont été réalisés par Oaï of life. On travaille aussi avec plusieurs vidéastes talentueux : quatre clips sont déjà sortis. Tout l’univers visuel est lié au concept de Dark Patterns : la pochette paraît joyeuse de loin, mais elle cache des détails plus cryptiques.

Comment se passe le live et la répartition sur scène ?

Sur scène, on est tous les deux avec Supa‑Jay. Il y a beaucoup d’éléments scratchés, du turntablism, des machines, des pads… C’est très technique et ça demande un gros travail de préparation, notamment pour découper tous les sons et les rejouer en live. On a aussi une dub siren, et Youthstar, notre MC anglais, nous accompagne.

On joue principalement nos morceaux, mais on glisse quelques clins d’œil aux discographies de chacun.

Comment travaillez‑vous les samples, sachant que votre musique est très hybride ?

Je m’occupe en général de la recherche. J’ai récemment récupéré de vieux disques asiatiques, parfois impossibles à identifier. Je passe beaucoup de temps à écouter, à chercher des breaks ou des éléments secondaires dans les morceaux. L’idée, c’est de trouver des samples intéressants mais qui laissent de la place à la réinterprétation : changer le tempo, la tonalité, transformer le matériau. On évite de sampler des morceaux déjà trop “parfaits”

Quelles sont les dates à ne pas manquer ?

La première était au Hasard Ludique à Paris. Ensuite, on sera à Marseille à l’Espace Julien le 2 mai, avec Tha Trikaz, Mathéo et Rumble.

Puis on enchaîne sur les festivals, notamment Musique à la Rue.

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